L’attentat du 19 février a fait onze morts devant les bars à chicha de la ville de Hanau dans la Hesse. Le coupable, un allemand de 43 ans, a ouvert le feu dans la rue, tuant neuf personnes avant de rentrer chez lui où il a abattu sa mère avant de mettre fin à ses jours. La police cherche toujours d’éventuels complices.

Chez lui, des preuves ont été trouvées quant à son motif. L’homme avait laissé une lettre dans laquelle il avouait des motifs racistes et des liens avec les mouvances néo-nazies de la région. L’extrême-droite allemande n’en est pas à sa première atrocité depuis l’année dernière : la semaine dernière, un attentat islamophobe était déjoué, en octobre c’était une synagogue qui était visée à Halle, en juin c’était Walter Lübcke, le président du gouvernement de la Hesse qui était assassiné chez lui par un autre néo-nazi. Le coupable, Stephan Ernst, l’avait abattu à bout portant. Lübcke avait déjà survécu à une tentative de meurtre en 2017, et avait continué à se battre pour les réfugiés et contre Pegida.

En dehors des attentats et des meurtres, des cellules néo-nazies ont été retrouvées au sein de la police et de l’armée allemande ainsi que des projets d’élimination d’opposants politiques.

L’AfD, parti considéré comme étant d’extrême-droite mais qui assume ses positionnements purement nazis (Wolfgang Gedeon publie des livres antisémites et appelle à faire payer aux juifs leur existence, il estime également que la shoah était méritée et que la communauté juive est responsable du génocide; les candidats choisis par le parti menacent leurs opposants de mort, tiennent des discours xénophobes et souhaitent un retour aux valeurs des années 40 avec l’image de la femme soumise, etc…)

Jusqu’ici, l’AfD a toujours nié sa responsabilité dans les attentats, malgré l’absence d’autre parti du genre et malgré les liens établis entre les coupables et l’Alternative für Deutschland.

Les choses ont hélas changé : l’AfD continue de monter en puissance et n’a plus besoin de faire semblant de condamner les attentats. Hier soir, Klaus Hermann, qui représente l’AfD dans la Hesse aux cotés de Robert Lambrou, a salué « un acte patriotique sans précédent.« 

Il s’est ensuite félicité de la montée d’un nouveau type de terrorisme face au « terrorisme islamiste international. Ces patriotes, ces vrais allemands, font revivre un terrorisme plus local, plus régional, plus allemand. C’est notre plus belle revanche face au mondialisme. Amis patriotes, n’ayez pas peur d’un terrorisme du terroir qui nous aidera à reconquérir notre pays livré aux minorités. »

L’AfD n’a pas démis Hermann de ses fonctions malgré une demande unanime des autres partis. Dans une déclaration pleine de colère, Merkel a fustigé « le poison qu’est le racisme » et a encouragé à la solidarité, même si plus rien au niveau gouvernemental ne semble pouvoir protéger le pays de la montée de l’AfD.

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