Une délégation française était présente à Séoul pour accueillir trois réfugiés nord-coréens et montrer son engagement dans la résolution du conflit qui oppose les deux Corées. Les trois enfants, dont les prénoms n’ont pas été révélés pour des raisons évidentes de sécurité, ont parcouru près de 80 kilomètres depuis Yangdŏk jusqu’à la frontière où leur mère a été abattue en ralentissant les soldats nord-coréens, un sacrifice qui leur a permis d’entrer en Corée du Sud et d’être rapidement pris en charge par les autorités locales.

C’est au cours de leur premier repas que les français enchaînent les erreurs. Voulant paraître bienveillants, ils ont tenté de montrer quelques éléments de la culture française aux réfugiés toujours traumatisés.

C’est Jean-Marc Dutaulier, qui travaille à l’ambassade de France, qui commet les deux premières erreurs en une seule phrase : « Kore wa saut à la perche. » Les réfugiés ne parlant pas japonais, ils ne comprennent pas ce que leur veut cet inconnu. C’est alors qu’il leur montre une photo de Lavillenie sur son téléphone avant de demander à une traductrice qualifiée de l’aider à expliquer en quoi consiste cet étrange sport.

Au fil des explications, les enfants montrent des signes d’anxiété, de malaise, puis de terreur absolue. La grande soeur attrape ses frères par les épaules et hurle « plutôt crever de faim que de devoir faire semblant d’aimer cette horreur ! » et se met à courir vers la frontière.

Si les enfants ont été rattrapés et raisonnés par les autorités sud-coréennes qui leur ont expliqué que le saut à la perche n’était pas obligatoire en Corée du Nord, la délégation française a, elle, été rattrapée par la dure réalité : comme plus de 85% des personnes ayant répondu à ce sondage sur le sport et la politique, les trois enfants estiment que la République Démocratique de Corée est moins désagréable que le concept de saut à la perche, un constat qui n’est pas nouveau puisqu’on se souvient encore des larmes versées par Lavillenie au moment où il se rendait enfin compte que son sport était sans grand intérêt.

Faut-il se débarrasser du saut à la perche ?

D’après Séoul, ce serait une bonne chose et aiderait à réintégrer les réfugiés et réfugiées à un monde moins dictatorial que la Corée du Nord. Si Macron a accepté de retirer les prospectus sur le saut à la perche des documents officiels fournis aux ambassadeurs, la France Insoumise souligne l’importance capitale de la discipline pour passer par-dessus les barrières : selon Mélenchon, « interdire ce sport, c’est interdire un moyen original d’accès à la liberté qui pourrait bien servir aux nord-coréens.« 

La question sera débattue à l’Assemblée Nationale ce vendredi avant d’être portée devant l’ONU.

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