C’est la troisième General Election en quatre ans et les Britanniques ne le cachent pas : ça commence à devenir redondant.

Après neuf ans d’austérité et de destruction du système éducatif et de la sécurité sociale, mais aussi de cadeaux faits aux plus riches par les Tories, le peuple du Royaume-Uni semble prêt à élire Boris Jonhson, un homme sur lequel on peut compter pour mettre fin aux dérives des Tories puisque c’est un Tory décomplexé. S’il gagne, il s’est engagé à « get Brexit done », comme il a presque réussi à le faire deux fois, et à renvoyer les famille immigrées dans leurs pays d’origine.

Tout espoir est-il perdu ? Peut-être pas. Pour ceux et celles qui n’ont rien contre les arabes et/ou veulent rester dans l’UE, il y a des alternatives.

Heil Boris ou Heil Jeremy ?

Jeremy Corbyn et deuxième dans les sondages. Il ne semble pas prendre position pour ou contre le Brexit et souhaite un second référendum. Son programme est simple : « For the many not the few« . Corbyn veut sauver la sécurité sociale, aider les pauvres et réparer le système éducatif ainsi que taxer les riches. Un programme peu attirant pour la population anglaise qui veut du sang, et pas assez engagé pour l’Irlande du Nord, l’Ecosse et le Pays de Galles, qui veulent des garanties.

Mais voilà : le Labour a un atout. Depuis plusieurs années, le parti est rongé par l’antisémitisme déguisé en antisionisme. Si Corbyn a mollement condamné l’antisémitisme, il a cependant activement protégé les antisémites de son parti. Une aubaine pour ceux et celles qui n’ont rien contre les arabes mais détestent le peuple d’Abraham.

Au cours des deux dernières années, les juives et juifs du Labour ont quitté le parti, craignant et refusant une normalisation de comportements discriminatoires.

Reste une question : que faire si l’on n’a rien contre l’Islam et rien contre le judaïsme ?

Heil Swinson !

Les Lib Dems, ce sont tous les enfants des Tories qui ont voté pour l’austérité, pour les frais universitaires, ont détruit le système médical, mais sont pro-marriage gay. Leur présidente, Jo Swinson, n’est a priori pas antisémite et n’est islamophobe que de par son modèle économique qui défavorise les pauvres et les minorités.

Comment séduire l’électorat quand on n’insulte ni les femmes voilées ni les rouflaquettes ?

Jo Swinson a un petit secret : elle est fan de Thatcher et a même proposé qu’on installe un peu partout des statues de celle qui a massacré son propre peuple. Les juifs restent, les musulmans pourraient rester, mais l’Irlande et l’Ecosse vont payer. Avec sa politique Remain centrée sur l’Angleterre, Swinson pourrait bien créer la surprise. Si elle parvient à voler assez de votes aux Tories, elle pourrait bien finir dans une coalition au gouvernement.

Coalition ?

Il ne faudrait pas oublier une information essentielle : certaines personnes détestent plus qu’une minorité. Si une collaboration Tories-Labour est peu probable, les Lib Dems ont déjà dit que le parti était prêt à travailler avec tout le monde.

Une belle manière de combiner haine des arabes et envie de regarder l’Irlande du Nord mourir de faim.

Si le Pays de Galles et l’Ecosse ont d’autres partis plus locaux vers lesquels se tourner, il ne fait aucun doute que l’avenir du Royaume-Uni repose entre les mains des trois plus gros poissons.

Bonne chance.

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