C’est Ann Ljukuta, représentante des peuples aborigènes d’Australie, qui a annoncé la terrible nouvelle : non seulement le didgeridoo n’est pas un instrument qui sert à avoir l’air cool à Rennes, mais il serait une pure invention destinée à se moquer des envahisseurs européens. L’explication n’est guère flatteuse, et de nombreux « joueurs » de didgeridoo européens se sont sentis trahis par les révélations de madame Ljukuta :

« Quand vous vivez peinard dans un pays immense et que tout à coup les colons débarquent par milliers pour voler votre bouffe, vos terres, vos richesses, détruire votre culture et votre peuple, et que vous savez que c’est parti pour durer, vous faites ce que vous pouvez. Nous n’avions pas vos armes mais nous avions un rapport unique à la nature. Nous pouvons communiquer avec la nature, et avons décidé que nous ne vous laisserions pas nous voler cette relation unique. Alors quand Emile, le premier colon blanc à dreadlocks, nous a demandé le secret du didgeridoo, on ne lui a pas dit d’utiliser la partie normale de l’eucalyptus, celle qu’on utilise normalement [l’annulaire], on lui a rien expliqué à part qu’il fallait toujours utiliser une certaine partie du tronc un peu humide.

C’était rigolo, et ça l’est toujours, de voir des colons souffler dans des bites d’eucalyptus, les arbres sont contents aussi que vous leur souffliez dans le chibre en croyant atteindre un niveau de transe supérieur. Allez vous faire foutre.« 

Nous avons interrogé un eucalyptus mais celui-ci a refusé de répondre et s’est contenter d’arborer un sourire satisfait tandis qu’en Europe et aux USA, la colère monte : débat sur le consentement des dreadeux après la mort d’un arbre, plaintes pour publicité mensongère après un génocide, les accusations pleuvent mais certains semblent prendre la nouvelle avec légèreté, comme Gabriel, « Gabigaïa » pour les intimes, qui avoue « c’est un peu ce que j’esperais. Maintenant j’ai plus besoin de fourrer la terre.« 

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